NOTICE HISTORICO-LITURGIQUE L’histoire de sainte Anastasie est étrange. C’était une patricienne fort belle et fort riche qui vivait à Constantinople à l’époque de l’empereur Justinien, au VI siècle. Ayant perçu que l’empereur éprouvait à son égard une passion qui rendait jalouse l’impératrice Théodora, elle quitta la cour et s’en alla fonder un couvent de femmes aux environs d’Alexandrie. Bientôt après, en 458, Théodora mourut. Justinien alors envoya partout des messagers pour qu’on lui ramenât la patricienne. Celle-ci s’enfuit de son monastère et gagna le désert de Scété où vivait un ermite, l’abbé Daniel. Elle lui demanda un abri. Le saint homme lui désigna une caverne du voisinage où elle pourrait vivre mais à la condition de n’en jamais sortir. Un des anachorètes de l’entourage du saint lui apporterait chaque semaine sa subsistance en la déposant à l’ouverture de la grotte. Elle ne recevrait jamais personne. Voulant rendre impossible toute recherche et passer pour un moine, la recluse, habillée comme les moines, s’était fait appeler l’eunuque Anastase. Elle vécut de la sorte pendant vingt-huit ans. Un jour, sentant sa fin prochaine, elle mit à l’entrée de sa caverne une tablette sur laquelle elle avait inscrit une demande adressée au moine Daniel: qu’il vînt, avec le porteur de nourriture, s’étant muni de tout ce qui était nécessaire pour une inhumation. Daniel accourut, assista la sainte femme et l’ensevelit près de la grotte.
Le nom d’Anastasia provient du mot grec anastasis qui signifie « résurrection ». Le masculin est Anastase. Il a été porté par une vingtaine de saints.
Le prénom Anastasie a désigné à l’époque de la première guerre mondiale la censure. On peut se demander pourquoi. Quand on pense que le symbole de la censure est une paire de ciseaux on est tenté de trouver l’explication dans le fait qu’Anastasia, la patricienne est devenue de son propre vouloir, Anastase l’eunuque.